Qu’est-ce que le GROS ?


« Oulalah je mange du fastfood devant une diététicienne » « Je prends ce dessert parce qu’à midi je n’ai mangé qu’un sandwich » « Tu as vu ? Je mange une pomme. »

Quand on me questionne sur ma profession j’affiche toujours un sourire mi amusé mi gêné. Je sais ce qu’il se trame dans l’imaginaire de mon interlocuteur et je sais ce que la case « diététicienne » implique. Pourtant si vous saviez ce que j’en pense moi…et ben je vais vous le dire ! Pour ça, je vais vous présenter le GROS.


Qui est le GROS ?

Non le GROS n’est pas un homme avec de l’embonpoint. « Le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (GROS) est une association loi 1901 qui regroupe des thérapeutes de toutes écoles et de toutes formations (médecins généralistes et spécialistes, psychologues, diététiciens, paramédicaux) ayant à prendre en charge des personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire. »

Quelle prise en charge propose le GROS ?

Pas de régime ni de prescription alimentaire. Pas de pesée des aliments ni de respect scrupuleux des horaires. La prise en charge du GROS amène le patient à sentir à nouveau ses sensations de faim, de satiété puis (le plus difficile) à les respecter.

Le suivi s’articule en trois axes :

  • Le traitement de la restriction cognitive

« Il s’agit de remplacer un contrôle principalement mental du comportement alimentaire par un contrôle principalement sensoriel. La personne en difficulté doit parvenir à dédiaboliser les aliments, à les placer tous sur le même plan. En effet, lorsque certains aliments ou certaines catégories d’aliments sont diabolisés, ils sont consommés avec une charge émotionnelle négative; la perception et la prise en compte des sensations de rassasiement devient alors impossible. »

  • Le traitement de l’impulsivité alimentaire

« [Il] consiste à rendre le patient plus tolérant à ses émotions. Il s’agit de l’aider à trouver des alternatives aux prises alimentaires, qu’il utilise pour réduire ses tensions émotionnelles. »

  • L’acceptation de soi

« En premier lieu, certains patients ne pourront pas guérir de leur obésité. Il leur faudra apprendre à retrouver une estime de soi et accepter de vivre avec un corps qui inspire le rejet dans une société obésophobe. En second lieu, cette peur du rejet social, aussi bien chez les sujets minces que gros, augmente l’impulsivité alimentaire et le risque d’instaurer et renforcer des comportements de restriction. Elle est un facteur majeur de surconsommation, et d’apparition ou d’aggravation d’un surpoids. La lutte des pouvoirs publics contre la stigmatisation des obèses est à envisager comme un moyen pour faciliter l’acceptation de soi. »

Le GROS c’est pour qui ?

A mon sens, il n’est pas de question de poids ici mais de rapport à la nourriture. Toute personne ayant un rapport conflictuel à son alimentation et qui souhaite être en paix avec elle, peut consulter un praticien du GROS.

Pour aller plus loin

Si vous aviez envie d’en savoir plus, vous pouvez lire :

-APFELDORFER Gérard. Je mange donc je suis. Surpoids et troubles du comportement alimentaire. Éditions Payot, 1991, 2001 [et lire l’article de Bleu à ce propos]

-ZERMATI Jean-Philippe, APFELDORFER Gérard, WAYSFELD Bernard, Traiter l’obésité et le surpoids, Odile Jacob Ed, 2010

-Toute la bibliographie du GROS

Les passages entre guillemets sont tirés du site du GROS

Chocolat : et si cette année vous ne vous priviez pas ?


Le mois d’avril revient chaque année avec son lot de questions. Mais qu’est-ce que ça veut dire au juste « ne te découvre pas d’un fil » ? Combien de canulars allez-vous subir le premier avril ? Est-ce toujours la mode de se coller des poissons dans le dos ?


 

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Toutes ces questions font bien pâle figure comparées à celle ci : vais-je manger du chocolat alors que je n’ai pas encore perdu mes kilos de Noël et qu’il me reste trois mois pour ressembler à [nom de la personnalité au physique parfait de votre choix] et relever le défi du maillot de bain ?

Bien évidemment, chaque année la réponse est N.O.N.

Et puis zut ! Vous vous autorisez à piocher dans la boite des rochers de l’ambassadeur ! C’est pas tous les jours Pâques, et puis vous ne partez en vacances que fin août, et demain vous mangerez des haricots verts.
Voilà, vous avez encore une fois terminé la boîte en un temps record (d’ailleurs vous ferez attention dans la précipitation vous vous êtes coincé un morceau d’alu doré entre les dents). 

Où est la logique ?

Je tiens tout d’abord à vous rassurer, ça n’est pas de votre faute ! Tout ça c’est à cause de la restriction cognitive. Le Docteur Jean-Philippe Zermati (médecin nutritionniste spécialiste des troubles du comportement alimentaire) explique qu’il s’agit d’une alternance entre deux phases : l’hypercontrôle et la perte de contrôle.

En prenant l’exemple du chocolat de Pâques vous aller tout de suite y voir plus clair !

Lorsque vous vous dites « non cette année je ne mangerai pas de chocolat » vous êtes dans l’hypercontrôle. Vous ne tenez pas compte de votre envie et souhaitez maîtrisez votre comportement alimentaire. La tentation risque d’être forte puisque le chocolat est partout : des montagnes d’emballages colorés au supermarché jusqu’aux boîtes qui s’accumulent au bureau.
Au moment où vous vous dites que vous pouvez manger un petit chocolat c’est en fait la perte de contrôle qui commence. Vous êtes hyperphagique lorsque vous mangez toute la boîte très rapidement et sans l’apprécier.

Par la suite, mécontent.e de ce manque de contrôle, vous culpabilisez, vous décidez donc de vous priver à nouveau et le cercle vicieux s’installe.

Comment casser le cercle ?

C’est à ce moment de l’article que la bonne nouvelle arrive : il faut manger du chocolat pardi !

Cependant, je vous conseille de ne pas procéder de façon anarchique où gare à la crise de foie. Je vous propose d’acheter le chocolat qui vous fait le plus envie. Il s’agit de votre portion (une tablette c’est parfait, 100 g environ).

Choisissez maintenant le repas que vous voulez remplacer par la dégustation de ce chocolat tant convoité. Quelle quantité pensez-vous pouvoir manger avec plaisir ?
Divisez le en 6 portions égales, et prenez au moins 10 minutes pour savourer chacune d’entre elles.
Laissez le fondre sur votre langue en fermant les yeux afin d’en percevoir toutes les notes, essayez de ne rien faire en même temps pour ne pas être distrait.e. Vous lui devez bien ça à votre chocolat ! Lorsque son goût ne vous semble plus agréable, arrêtez vous et ce même si vous êtes au milieu d’une portion.

Ce chocolat vous appartient, vous pourrez le finir quand bon vous semblera. Avez-vous mangé plus ou moins que vos estimations ?

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Suite à cette dégustation il vous faudra attendre une heure avant de manger les aliments qui vous font envie. Si la faim n’est pas revenue une heure plus tard, attendez la 😉

Bonne dégustation !

NB : Ces conseils s’adressent aux personnes dont la santé le permet.

Le jour où j’ai mangé des insectes


Selon l’Institut Français d’Études Démographiques (INED), la population mondiale atteindra 9,7 milliards d’habitants en 2050 contre 7,2 milliards en 2014. Depuis 2008 la FAO (Food and Agriculture Organization) encourage le développement de l’entomophagie (consommations d’insecte par les humains) dans les pays où on la pratique déjà mais aussi dans les pays industrialisés.


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Je vais être sincère avec vous : les insectes ne me mettent pas du tout en appétit. Afin de me donner du courage pour ce défi, j’ai tâché d’être accompagnée du seul ami content de me suivre dans ce genre d’expérience.

Le choix

Une chose était sûre : il était hors de question que je me lance dans la dégustation d’insectes vivants. Je voulais des insectes qui ne bougent ni dans mon assiette ni dans ma bouche ! J’ai ensuite établi que les préparations salées à base d’insectes m’attiraient beaucoup plus que les sucrées.
Pour finir, l’idée de procéder à la dégustation dans un restaurant me stressait un peu : les convives, les cuisiniers, la taille de la portion, les toilettes publiques en cas de fort dégoût. Bref, on a décidé de s’inviter à l’heure du dîner pour manger ces p’tites bêtes en privé
.
Les insectes de chez Jimini’s me paraissaient tout à fait appropriés.

Quel est l’intérêt de se nourrir d’insectes ?

  • Ils ont un haut taux de conversion alimentaire

Le taux de conversion alimentaire désigne la quantité de nourriture à fournir à un animal pour que son poids augmente d’un kilo. Les insectes ont un taux de conversion alimentaire élevé car leur température varie en fonction de leur environnement. Une partie de la nourriture étant utilisée par les animaux pour réguler leur température, la majorité de ce qu’ingèrent les insectes est dédiée à leur croissance. En moyenne, dix kilos d’aliments donnent un kilo de bœuf, trois kilos de porc, cinq kilos de volailles et neuf kilos d’insectes.

  • Ils sont intéressants sur le plan nutritionnel

Les insectes ont en moyenne une teneur en protéines comprise entre 19 et 21g pour 100g ce qui les rapproche des sources de protéines animales habituelles. Ils présentent un fort pourcentage d’acides mono-insaturés et poly-insaturés protecteurs cardio-vasculaires et leurs larves sont riches en énergie.

La dégustation

Nous avons opté pour les molitors (larves de coléoptère aussi appelées vers de farine) ail & fines herbes et les criquets poivre & tomates séchées.

    molitor-ail-fines-herbes         criquet-poivre-tomates-sechees

Comme vous pouvez le constater sur les photos, les insectes ont leur forme d’origine : ça m’a légèrement donné la chair de poule. J’ai pris de grandes respirations, me suis répétée 2675 fois « Quand faut y aller, faut y aller ! » et j’ai commencé par le criquet. Verdict : c’était pas bon. Il avait un goût de rance et ses ailes se sont effritées sur ma langue.
J’ai enchaîné avec le molitor. Verdict : c’était pas bon. J’ai eu l’impression de manger du papier cuisson parfumé, vraiment rien d’agréable.

Si c’était à refaire

Suite à ce bide dégustationnel, nous avons fait le tour de l’internet, et trouvé moult autres façons de manger des insectes. En voici quelques unes :

En résumé, au bout de deux insectes chacun, l’expérience était terminée. Nous étions déçus et nous avions faim alors nous avons mangé des pâtes au pesto.